
Il est difficile, impossible de critiquer un livre écrit par un auteur qui a plus de talent que le critique.
Je ne suis pas Jacques Bergier, dont on se souvient, les étoiles qu’il distribuait dans la revue Fiction, pendant les années 50. Bergier lisait très vite et possédait la sensibilité et les connaissances permettant de donner un avis éclairé sur une œuvre, un auteur. Aussi, il donnait chaque fois cinq étoiles à Claude Seignolle alors que les autres intellectuels lui en donnaient de zéro à une étoile et demi …
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Aujourd’hui Claude fait partie du patrimoine français, on l’encense après l’avoir dénigré, on l’enseigne après l’avoir ignoré.
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Tel est le cas dans un certain sens pour Jean-Luc Marcastel : les lecteurs sont bien plus des visionnaires que les éditeurs.
L’auteur de ces modestes lignes ne répètera pas les aléas, les difficultés d’un écrivain du Cantal cherchant un éditeur. De même il ne critiquera pas ces éditeurs alors que de l’or en barre arrivait chez eux, je préfère rester dans l’esprit d’Edison faisant et refaisant des essais jusqu'au bon fonctionnement de son ampoule, dans l’esprit de Ford imposant de fabriquer le moteur de huit cylindres, le fameux V-8.
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La raison de ces exemples est simple, enfantine. Jean-Luc Marcastel avait la foi en son œuvre. Non pas une foi autoproclamée mais une foi nourrie par l’insistance tenace de ses lecteurs. Jusqu’au jour où, le hasard, s’il existe – c’est une question philosophique, théologique – à provoquer la rencontre entre Jean-Mathias Xavier et l’écrivain cantalou. Jean-Mathias, illustrateur confirmé lui à trouver la perle rare, l’éditeur désireux de travailler avec lui, avec eux. Des méandres ténébreuses où les seules lueurs d’espoir ne tenaient qu’à la flamme vacillante d’une bougie, des voyages locaux en 2 CV pour déposer ses livres chez de petits libraires, des kiosques – merci à ceux-ci – il a passé au V-8, au TGV, pour dédicacer ses écrits, aujourd’hui à Paris, en Belgique, et demain ?
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Tout comme ses héros il a mené un formidable combat, et quel résultat ! Et cela sans que sa tête, pourtant bien remplie, ne grossisse d’un iota. Il aime le Cantal comme il respecte ses lecteurs, il aime les beaux mots autant que les belles phrases. Ces livres se lisent avec plaisir comme le gourmet dégustant les truffes du Périgord. La seule différence en est le prix.
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L’éventuel lecteur de ses lignes se posera certainement cette question : Est-ce que Frankia est un livre à la portée de tous ? La réponse franche et directe est oui… Certes Frankia est une histoire destinée aux adultes. Ceux-ci peut-être, ne connaissant pas l’histoire, la liront probablement comme un roman fantastique, de science- fiction, une fable. Plus tard, à sa relecture, ils y découvriront des informations subtilement serties dans ce livre comme diamant aux multiples facettes. Peut-être même lors d’autres lectures, ils se diront : Tiens ça me fait penser au livre de Jean-Luc Marcastel.
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Un peu comme dans Louis le Galoup, Jean-Luc Marcastel nous informe des dangers de l’intolérance, mais dans un style différent. En effet, Frankia ne commence pas en un doux crescendo, Marcastel frappe fort dès le début, par l’histoire de l’invasion des troupes de Von Drakho en Tchékia en Polskia, tout en expliquant les causes et les erreurs qui furent fatales non seulement à Frankia mais aussi au reste du monde. Et à ce peuple en particulier représenté par une Elfe.
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Lors de votre lecture vous vous poserez certainement ces questions ; Qui sont ces Orques, qui est Loïren, qu’elle est le secret de l’Elfe pourquoi est-elle si importante ? Progressivement, l’auteur dévoilera ses secrets, sans les offrir aux lecteurs, ainsi Jean-Luc Marcastel entretient le suspens, mais les réponses aux multiples questions tomberont très probablement à la dernière ligne du troisième volume de Frankia.
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Je le répète, critiquer un livre d’un auteur qui vous surpasse par le talent est chose peu aisée. Cependant, je dis modestement, Frankia est une histoire dans la grande Histoire, une Histoire avec un H majuscule dont on se serait bien passé. D’ailleurs l’auteur, ne nous ménage pas, il y a des scènes horribles qui se sont réellement passées comme l’alignement des témoins, et l’exécution de certains d’entre eux au lance-flamme. Les sbires de Von Drakho ne font pas dans la dentelle.
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Ce qui fait aussi l’intérêt de l’histoire au-delà des messages, des faits, des mystères, du courage, du respect chevaleresque quasis initiatiques des traditions, de l’amour encore impossible de Loïren et de cette Elfe à la foi si sensible et redoutable, ce sont les multiples rebondissements. Le maître en la matière est, pour moi, Victor Hugo. Particulièrement dans Quatrevingt-treize, qui retrace l’histoire sanglante de la Terreur. Aussi, je terminerais par cette phrase tirée du Pacte des loups : La Révolution et devenue Terreur. Et à mon tour je vais être emporté. Les certitudes rendent les hommes aveugles et fous. Elles peuvent dévorer leurs cœurs et les changer en bêtes. A mon avis, les deux dernières phrases de cette citation, résument bien Frankia de Jean-Luc Marcastel.
Aujourd’hui Claude fait partie du patrimoine français, on l’encense après l’avoir dénigré, on l’enseigne après l’avoir ignoré.
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Tel est le cas dans un certain sens pour Jean-Luc Marcastel : les lecteurs sont bien plus des visionnaires que les éditeurs.
L’auteur de ces modestes lignes ne répètera pas les aléas, les difficultés d’un écrivain du Cantal cherchant un éditeur. De même il ne critiquera pas ces éditeurs alors que de l’or en barre arrivait chez eux, je préfère rester dans l’esprit d’Edison faisant et refaisant des essais jusqu'au bon fonctionnement de son ampoule, dans l’esprit de Ford imposant de fabriquer le moteur de huit cylindres, le fameux V-8.
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La raison de ces exemples est simple, enfantine. Jean-Luc Marcastel avait la foi en son œuvre. Non pas une foi autoproclamée mais une foi nourrie par l’insistance tenace de ses lecteurs. Jusqu’au jour où, le hasard, s’il existe – c’est une question philosophique, théologique – à provoquer la rencontre entre Jean-Mathias Xavier et l’écrivain cantalou. Jean-Mathias, illustrateur confirmé lui à trouver la perle rare, l’éditeur désireux de travailler avec lui, avec eux. Des méandres ténébreuses où les seules lueurs d’espoir ne tenaient qu’à la flamme vacillante d’une bougie, des voyages locaux en 2 CV pour déposer ses livres chez de petits libraires, des kiosques – merci à ceux-ci – il a passé au V-8, au TGV, pour dédicacer ses écrits, aujourd’hui à Paris, en Belgique, et demain ?
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Tout comme ses héros il a mené un formidable combat, et quel résultat ! Et cela sans que sa tête, pourtant bien remplie, ne grossisse d’un iota. Il aime le Cantal comme il respecte ses lecteurs, il aime les beaux mots autant que les belles phrases. Ces livres se lisent avec plaisir comme le gourmet dégustant les truffes du Périgord. La seule différence en est le prix.
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L’éventuel lecteur de ses lignes se posera certainement cette question : Est-ce que Frankia est un livre à la portée de tous ? La réponse franche et directe est oui… Certes Frankia est une histoire destinée aux adultes. Ceux-ci peut-être, ne connaissant pas l’histoire, la liront probablement comme un roman fantastique, de science- fiction, une fable. Plus tard, à sa relecture, ils y découvriront des informations subtilement serties dans ce livre comme diamant aux multiples facettes. Peut-être même lors d’autres lectures, ils se diront : Tiens ça me fait penser au livre de Jean-Luc Marcastel.
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Un peu comme dans Louis le Galoup, Jean-Luc Marcastel nous informe des dangers de l’intolérance, mais dans un style différent. En effet, Frankia ne commence pas en un doux crescendo, Marcastel frappe fort dès le début, par l’histoire de l’invasion des troupes de Von Drakho en Tchékia en Polskia, tout en expliquant les causes et les erreurs qui furent fatales non seulement à Frankia mais aussi au reste du monde. Et à ce peuple en particulier représenté par une Elfe.
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Lors de votre lecture vous vous poserez certainement ces questions ; Qui sont ces Orques, qui est Loïren, qu’elle est le secret de l’Elfe pourquoi est-elle si importante ? Progressivement, l’auteur dévoilera ses secrets, sans les offrir aux lecteurs, ainsi Jean-Luc Marcastel entretient le suspens, mais les réponses aux multiples questions tomberont très probablement à la dernière ligne du troisième volume de Frankia.
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Je le répète, critiquer un livre d’un auteur qui vous surpasse par le talent est chose peu aisée. Cependant, je dis modestement, Frankia est une histoire dans la grande Histoire, une Histoire avec un H majuscule dont on se serait bien passé. D’ailleurs l’auteur, ne nous ménage pas, il y a des scènes horribles qui se sont réellement passées comme l’alignement des témoins, et l’exécution de certains d’entre eux au lance-flamme. Les sbires de Von Drakho ne font pas dans la dentelle.
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Ce qui fait aussi l’intérêt de l’histoire au-delà des messages, des faits, des mystères, du courage, du respect chevaleresque quasis initiatiques des traditions, de l’amour encore impossible de Loïren et de cette Elfe à la foi si sensible et redoutable, ce sont les multiples rebondissements. Le maître en la matière est, pour moi, Victor Hugo. Particulièrement dans Quatrevingt-treize, qui retrace l’histoire sanglante de la Terreur. Aussi, je terminerais par cette phrase tirée du Pacte des loups : La Révolution et devenue Terreur. Et à mon tour je vais être emporté. Les certitudes rendent les hommes aveugles et fous. Elles peuvent dévorer leurs cœurs et les changer en bêtes. A mon avis, les deux dernières phrases de cette citation, résument bien Frankia de Jean-Luc Marcastel.
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Critique de la critique... par le Maître
Je désirerai juste apporter deux petites précisions, si vous me permettez :
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La première est que, pour moi, Frankia est un récit qui vise un public « adulte » en particulier dans les deux tomes suivants (le troisième contient, dira-t-on, des scènes réservées à un lectorat résolument adulte (une belle scène d’amour, en particulier, que j’ai pris un grand plaisir à écrire et ciseler et à laquelle j’ai apporté autant de passion et de soin que pour le reste de ce récit. J’ai toujours trouvé triste et décevante la manière dont la plupart des auteurs (en particulier dans le milieu ma foi très puritain et frileux du fantastique et de la science fiction) traitent les rapports physiques entre leurs héros, rapports qui sont pourtant une des bases des relations entre les êtres et une chose merveilleuse. Il s’agit certainement de cette scission très occidentale entre le corps et l’âme.
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La première est que, pour moi, Frankia est un récit qui vise un public « adulte » en particulier dans les deux tomes suivants (le troisième contient, dira-t-on, des scènes réservées à un lectorat résolument adulte (une belle scène d’amour, en particulier, que j’ai pris un grand plaisir à écrire et ciseler et à laquelle j’ai apporté autant de passion et de soin que pour le reste de ce récit. J’ai toujours trouvé triste et décevante la manière dont la plupart des auteurs (en particulier dans le milieu ma foi très puritain et frileux du fantastique et de la science fiction) traitent les rapports physiques entre leurs héros, rapports qui sont pourtant une des bases des relations entre les êtres et une chose merveilleuse. Il s’agit certainement de cette scission très occidentale entre le corps et l’âme.
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Jean-Luc Marcastel
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